Google avec l’IA : qu’est-ce que ça change ?
Pendant plus de vingt ans, on a pris des habitudes avec Google. On ouvre le moteur de recherche, on tape quelques mots, on regarde les résultats, on ouvre plusieurs onglets, on compare, on revient en arrière, on reformule éventuellement notre recherche… Bref, on cherche.
Sauf que Google est en train de changer.
Avec l’arrivée des Aperçus IA et du Mode IA, le moteur ne se contente plus forcément de nous indiquer où trouver l’information. Il peut désormais commencer à chercher, trier, synthétiser et comparer pour nous. Et avec le Mode IA, la recherche peut même devenir une conversation que l’on affine au fur et à mesure.
Alors forcément, depuis quelques mois, on voit fleurir les mêmes inquiétudes : est-ce la fin du SEO ? Est-ce que les sites Internet vont encore servir ? Comment faire pour « apparaître dans l’IA » ? Faut-il changer complètement notre manière de rédiger ?
Doucement. 😅
Avant de chercher comment « plaire à l’IA », il faut déjà comprendre ce qui est réellement en train de changer dans notre manière d’utiliser Google.
Parce qu’au fond, la grande évolution n’est peut-être pas que Google utilise de l’intelligence artificielle.
C’est que nous ne cherchons déjà plus tout à fait de la même manière.
Hier, Google nous aidait surtout à chercher
Revenons quelques années en arrière.
Tu avais besoin d’un nouvel aspirateur parce que ton adorable chat avait décidé de transformer ton salon en annexe de son pelage.
Tu pouvais taper quelque chose comme :
aspirateur poils chat
Google cherchait alors les pages qui lui semblaient les plus pertinentes par rapport à ta requête, puis te proposait des résultats.
À toi, ensuite, de mener l’enquête.
Tu ouvrais un comparatif. Puis un deuxième. Tu regardais quelques fiches produits. Tu cherchais des avis. Tu comparais les caractéristiques et les prix. Tu revenais éventuellement dans Google avec une nouvelle recherche un peu plus précise.
Imaginons une entrepreneuse qui cherche un outil pour envoyer sa newsletter. Elle peut commencer par « logiciel newsletter TPE », ouvrir plusieurs résultats, découvrir différents outils, chercher ensuite « outil X avis », puis « outil X ou outil Y », comparer les tarifs et finalement aller vérifier les fonctionnalités directement sur les sites concernés. Google lui permet de trouver les différentes pièces du puzzle, mais c’est encore elle qui les assemble.
Évidemment, Google ne s’est pas réveillé un beau matin de 2026 en décidant soudainement de donner des réponses.
Cela fait déjà longtemps que certaines informations apparaissent directement dans ses résultats : cartes et établissements locaux, produits, extraits de pages, réponses courtes à certaines questions…
Mais dans une recherche traditionnelle, l’utilisateur reste largement celui qui mène l’enquête.
Google lui indique principalement où chercher, et à lui ensuite de consulter les différentes sources pour construire sa réponse.
Les mots-clés nous ont aussi appris à parler « Google »
Et à force, nous avons développé de drôles d’habitudes.
Dans la vraie vie, tu ne demanderais probablement pas à quelqu’un :
« Aspirateur poils chat parquet étage 400 euros. »
À Google ? Aucun problème. 😂
Pendant des années, nous avons appris à retirer des mots, simplifier nos formulations, tester plusieurs expressions et parfois reformuler notre besoin jusqu’à trouver les mots que nous pensions que le moteur comprendrait le mieux.
C’est également sur cette logique que s’est construite une grande partie du travail de référencement : comprendre les recherches effectuées par les internautes et produire des contenus suffisamment pertinents pour permettre à Google de faire le rapprochement entre une requête et une page.
Mais justement, avec l’IA, ce fonctionnement évolue.
Aujourd’hui, Google commence aussi à nous répondre
C’est là que les Aperçus IA et le Mode IA changent réellement l’expérience.
Avec les Aperçus IA, Google peut synthétiser directement plusieurs informations dans ses résultats et associer cette synthèse à des sources permettant d’aller approfondir.
Avec le Mode IA, on va encore plus loin : la recherche devient conversationnelle.
Tu peux formuler une demande beaucoup plus complète, recevoir une première réponse, ajouter une précision, poser une nouvelle question, demander une comparaison…
On ne se contente donc plus forcément d’enchaîner plusieurs recherches indépendantes.
On développe progressivement notre besoin.
Et notre pauvre aspirateur à poils de chat devient tout de suite beaucoup plus intéressant. 😁
Nous pouvons davantage décrire notre situation réelle
Au lieu de :
« aspirateur poils chat »
on peut désormais expliquer :
« Je cherche un aspirateur pour une maison avec deux chats à poils longs, principalement du parquet, un étage et j’ai un budget maximum de 400 €. »
Là, tu ne donnes plus seulement quelques mots permettant de retrouver des pages.
Tu donnes du contexte.
Deux chats. Des poils longs. Du parquet. Un étage. Un budget.
Et chacun de ces éléments peut intervenir dans la réponse.
Google peut alors explorer plusieurs aspects de ta question, rapprocher les informations qu’il trouve et te proposer une réponse beaucoup plus construite, que tu peux ensuite continuer à affiner.
Prenons maintenant une personne qui cherche un hébergement pour quelques jours. Sa recherche traditionnelle pourrait être « gîte Beaujolais famille ». Dans une recherche conversationnelle, elle peut préciser qu’elle voyage avec trois enfants, qu’elle veut pouvoir cuisiner sur place, qu’elle cherche des activités accessibles sans faire une heure de voiture et qu’elle dispose d’un budget précis. Elle ne cherche plus simplement une liste de gîtes : elle décrit la situation dans laquelle elle doit prendre sa décision.
Et cette nuance est importante pour nos entreprises.
Parce que si les internautes décrivent de mieux en mieux leurs situations, leurs contraintes, leurs problèmes et leurs attentes, nos contenus doivent permettre de comprendre dans quelles situations nos produits, nos services ou notre expertise peuvent réellement leur répondre.
Le site Internet et le SEO ne deviennent pas inutiles pour autant
Et non : l’arrivée de l’IA dans Google ne signifie pas qu’on peut jeter son site Internet par la fenêtre et arrêter tout travail de référencement. 😅
Google a toujours besoin de ressources pour comprendre les sujets sur lesquels il doit répondre, et les contenus présents sur le Web continuent donc à jouer un rôle.
Ce qui ne veut pas dire qu’il faut maintenant se jeter sur la dernière recette magique intitulée :
« Les 17 techniques secrètes pour être cité par les IA en 2027. »
Pitié. 😂
Il n’existe pas un bouton WordPress à activer pour annoncer : « Coucou Google, désormais tu peux me citer dans tes réponses IA ! »
Les fondamentaux restent beaucoup moins sexy : proposer des contenus utiles, compréhensibles, suffisamment précis, répondre aux vraies interrogations des personnes que tu veux toucher et permettre de comprendre clairement ton expertise.
Autrement dit : écris d’abord pour les humains que Google essaie lui-même d’aider.
Chercher à parler artificiellement « à l’IA » alors que celle-ci essaie justement de comprendre les besoins d’un humain risque surtout de nous faire reproduire une vieille erreur : écrire pour l’outil plutôt que pour celui qui l’utilise.
Google et ChatGPT : même IA, même fonctionnement ? Pas vraiment
C’est aussi une confusion qu’il faut éviter.
Parce qu’on parle d’IA dans les deux cas, on pourrait être tenté de considérer que chercher avec Google et interroger ChatGPT revient exactement au même.
Ce n’est pas aussi simple.
Google reste profondément lié à la recherche d’informations sur le Web. Avec ses fonctionnalités IA, il peut rechercher, rapprocher et synthétiser des informations tout en permettant d’accéder aux sources utilisées pour approfondir.
Un assistant conversationnel comme ChatGPT repose aussi sur un modèle entraîné sur énormément de données et génère ses réponses en fonction de ce modèle ; selon les fonctionnalités utilisées, il peut également effectuer des recherches sur le Web et citer ses sources.
Pour l’utilisateur, les expériences peuvent donc parfois se rapprocher.
Mais ça ne signifie pas que les outils fonctionnent de façon identique ni qu’ils doivent systématiquement être utilisés de la même manière.
Et surtout, ce qui m’intéresse ici n’est pas de décider lequel est « meilleur ».
C’est de constater que notre comportement de recherche devient beaucoup plus conversationnel.
Nous formulons des demandes plus longues. Nous donnons davantage de contexte. Nous affinons. Nous rebondissons sur une première réponse.
Et ça, forcément, finit par avoir des conséquences sur notre communication.
Demain, Google pourrait aller encore plus loin : nous aider à agir
L’étape suivante commence d’ailleurs déjà à se dessiner.
Google est passé d’un moteur qui nous aidait principalement à trouver des informations à un outil capable de participer davantage à la construction de la réponse.
Et la direction annoncée va plus loin : devenir progressivement un assistant capable non seulement de comprendre ce que l’on cherche, mais également de nous aider à accomplir certaines tâches.
Attention : je parle bien ici d’une direction d’évolution, pas d’une prédiction selon laquelle, mardi prochain à 14 h 32, Google fera toutes tes courses et réservera tes vacances pendant que tu bois un thé. 😅
Toutes les fonctionnalités ne sont pas disponibles partout, au même moment ni de la même façon.
Mais plusieurs évolutions permettent déjà d’entrevoir cette logique.
Une recherche de plus en plus conversationnelle
Plus Google comprend le contexte de notre demande, plus il peut tenter de proposer une réponse précise.
Et une conversation permet justement d’ajouter progressivement ce contexte.
On peut préciser une contrainte, corriger une première interprétation, demander une comparaison supplémentaire ou expliquer pourquoi une proposition ne nous convient pas.
La recherche ressemble alors moins à une succession de requêtes indépendantes et davantage à un échange qui accompagne progressivement la réflexion.
Et de plus en plus multimodale
Il y a également une autre évolution importante : nous ne cherchons plus uniquement avec du texte.
Images, voix, vidéo, caméra, outils comme Lens… les portes d’entrée se multiplient.
Et là encore, ce n’est pas anodin pour nos entreprises.
Parce qu’un internaute peut découvrir et comprendre une entreprise à travers plusieurs formats : une page de site, une photo, une vidéo, une fiche locale, un contenu social, une démonstration…
Une artisane peut expliquer son savoir-faire dans un article, montrer le résultat dans ses photos, faire comprendre son geste dans une vidéo et répondre à des questions très concrètes dans ses contenus. Chacun de ces formats apporte une information différente sur ce qu’elle fait, sur ce qu’elle sait et sur les situations auxquelles elle peut répondre.
Ça ne veut évidemment pas dire qu’il faut désormais produire du texte, de l’image, de l’audio et de la vidéo tous les jours pour « nourrir Google ».
Tu peux respirer. 😂
Mais ça renforce une idée que je défends depuis longtemps : une entreprise ne se résume pas à une seule publication, une seule page ou un seul canal.
De moteur de recherche à moteur de réponse… puis assistant ?
Si on prend un peu de hauteur, l’évolution devient finalement assez logique.
Hier, nous demandions surtout à Google :
« Où puis-je trouver cette information ? »
Aujourd’hui, nous pouvons davantage lui demander :
« Peux-tu m’aider à répondre à cette question en utilisant les informations que tu trouves ? »
Et demain, nous lui demanderons probablement de plus en plus :
« Peux-tu m’aider à faire quelque chose à partir de cette réponse ? »
Chercher.
Comprendre.
Comparer.
Décider.
Puis éventuellement agir.
C’est cette évolution-là qui me paraît beaucoup plus intéressante que la course aux nouvelles techniques de référencement pour « plaire aux IA ».
Parce qu’elle nous oblige à revenir à quelque chose de très simple : qu’est-ce que les personnes cherchent réellement à accomplir lorsqu’elles arrivent sur Google ?
Elles ne veulent pas des mots-clés.
Elles ont un problème, une question, une décision à prendre, quelque chose à comprendre ou une action à accomplir.
Les mots-clés n’étaient qu’un moyen de l’exprimer.
Et désormais, elles peuvent progressivement l’exprimer beaucoup plus naturellement.
Alors, qu’est-ce que ça change pour nos entreprises ?
Pour l’instant, surtout une chose : Google doit pouvoir comprendre suffisamment clairement ce que nous faisons pour savoir quand nos contenus peuvent être utiles.
Qui es-tu ?
Que fais-tu ?
Que sais-tu ?
À quelles questions, situations ou besoins peux-tu répondre ?
Ce sont probablement des questions beaucoup plus utiles aujourd’hui que de chercher la dernière astuce pour « optimiser son site pour l’IA ».
Parce qu’il n’y a pas de bouton magique.
Et on ne va pas jeter vingt ans de bonnes pratiques de communication et de référencement simplement parce qu’une nouvelle couche technologique vient modifier la manière dont Google présente et construit certaines réponses.
En revanche, il faut prendre au sérieux l’évolution des usages.
Si tes futurs clients cherchent autrement, donnent davantage de contexte, posent des questions plus précises et attendent des réponses capables de prendre en compte leur situation, alors oui : ça finira nécessairement par influencer la manière dont nous communiquons avec eux.
Si tes futurs clients cherchent autrement, donnent davantage de contexte, posent des questions plus précises et attendent des réponses capables de prendre en compte leur situation, alors oui : ça finira nécessairement par influencer la manière dont nous communiquons avec eux.
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🎁 Ton exercice Miss Comm' — pour celles qui vont jusqu'au bout
→ La réflexion d’abord
Oublie quelques minutes le SEO, les mots-clés et l’IA.
Choisis l’une de tes offres et demande-toi :
« Dans quelle situation réelle quelqu’un pourrait-il avoir besoin de ce que je propose ? »
Pas « quel mot-clé pourrait-il taper ? ».
Quelle situation ?
Quel problème rencontre-t-il ? Quelles contraintes peut-il avoir ? Qu’essaie-t-il de comprendre, de comparer, de décider ou de résoudre ?
→ L’action maintenant
Va ensuite regarder la page ou les contenus dans lesquels tu présentes cette offre.
Et vérifie si quelqu’un — humain avant tout 😏 — peut réellement y comprendre :
qui tu es, ce que tu fais, ce que tu sais et à quoi tu peux répondre.
S’il manque une de ces quatre informations, tu viens déjà de trouver quelque chose à améliorer.
Pas pour « séduire l’IA », mais pour être mieux compris.
Et ça, ça reste une excellente base, quel que soit l’outil qui vient lire ton contenu derrière.
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