Comment choisir ce qu’il est pertinent de partager ?

Comment choisir ce qu'il est pertinent de partager ? Claire Négrier, Miss Comm - formation communication
Tout n'est pas partageable. Et pourtant, on publie souvent sans se poser les bonnes questions. Voici un petit scanner pour choisir ce qu'il est vraiment pertinent de partager.

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Tout n’est pas partageable. Et dans vos contenus, dans ce que vous allez apporter aux autres, il va falloir choisir. Si tu as bien compris pourquoi l’authenticité ne veut pas dire tout raconter, tu sais déjà que ce n’est pas la quantité qui fait la qualité de ce qu’on partage. Aujourd’hui, on entre dans le pratico-pratique : comment choisir concrètement ce qu’il est pertinent de partager.

J’ai envie de vous proposer une espèce de petit scanner — trois questions à se poser avant de publier quoi que ce soit. Pas des injonctions. Juste des filtres pour s’assurer que ce qu’on partage sert vraiment son entreprise. Parce que dans le monde dans lequel on vit, vous n’avez pas de temps à perdre.

La comm’, c’est pas du commercial. Mais elle doit faire partie de l’écosystème qui va vous apporter davantage de ventes, in fine. Et ça, ça commence par ce qu’on choisit — ou non — de partager.

1. Se demander pourquoi j’ai envie de partager ça

C’est la première question. Et c’est souvent celle qu’on ne se pose pas. On a une idée, on la balance. On voit quelque chose d’intéressant, on le partage. Mais pourquoi ?

Aider, illustrer, rassurer, inspirer — le premier tri

Avant de publier quoi que ce soit — sur le contenu graphique, sur le message — vous devez mettre du sens derrière. Est-ce que ce que vous partagez va aider ? Illustrer un point, qu’il s’agisse de vous ou d’autrui ? Permettre de rassurer ? Inspirer ?

L’inspiration, c’est intéressant à creuser justement. Par le principe d’échantillonnage — donner un avant-goût de ce que vous faites — vous permettez peut-être à l’autre de passer à l’action. C’est aussi ça, inspirer.

Et il y en a une cinquième, moins avouable mais très réelle : est-ce que vous partagez parce que vous ressentez le besoin de vous confier ? Ça arrive. Et c’est humain. Mais ce besoin-là, il a sa place — dans une conversation, dans un journal, avec des proches. Pas forcément en publication. Parce que ce qui vous soulage, vous, n’aide pas forcément votre futur client à avancer.

Ces quelques questions permettent déjà de faire un premier tri. Parce que sinon, on fait quoi ? On joue le jeu des plateformes. Celui qui dit « faut que tu partages, faut que tu partages, faut que tu partages ». Et au lieu de se demander comment faire avancer son entreprise à partir de ses actions de communication, on se retrouve dans le « faut que je publie, faut que je publie ». Le marketing bullshit justement.

Publier pour la visibilité, oui — elle est inéluctable, elle est présente dans toutes les publications. Mais il faut aller plus loin. Si ce que vous partagez, c’est uniquement du divertissement — des blagues, des danses, du putaclic — on ne vous voit pas comme un ou une professionnelle. Et la vraie question, c’est : est-ce que les gens vous suivent pour se divertir ? Ou est-ce qu’ils vous voient comme une véritable solution à ce qu’ils vivent ?

Mettez-vous dans la peau de l’acheteur — et on l’est tous, selon le sujet qui nous concerne aujourd’hui. Est-ce que cette personne que vous suivez, vous l’avez au fond de l’esprit comme « ce sera elle quand j’en aurai besoin » ? Toute la différence est là.

Une naturopathe qui partage des recettes detox rigolotes et des citations bien-être le matin — elle est sympa à suivre. Mais si aucun de ses contenus ne fait réfléchir sa future cliente à ce qu’elle vit vraiment, à ce qui la bloque, à pourquoi elle devrait consulter une naturopathe plutôt que de continuer à gérer seule — elle reste dans le divertissement. Pas dans la décision.

2. Est-ce que ça apporte vraiment quelque chose à mon futur client ?

Deuxième filtre. Et là, j’insiste sur les mots : futur client. Pas communauté. Pas abonnés. Futur client — celui qui est prêt, ou qui est en train de cheminer vers la décision de travailler avec vous.

Comprendre votre vision, se reconnaître, renforcer la confiance

Est-ce que ce que vous partagez aide votre futur client à mieux comprendre votre vision ? À se reconnaître dans ce que vous décrivez ? À voir que vous avez une solution possible à ce qu’il vit ? À renforcer la confiance qu’il commence à avoir en vous ?

Le must, c’est un contenu qui à la fois présente votre expertise et présente votre expérience. Et on choisit toujours celui qui a le plus bel équilibre entre les deux. L’expérience vis-à-vis du problème d’autrui — mais pas n’importe laquelle. Pas celle qui n’apporte rien. Pas le putaclic qui crée de l’urgence artificielle. Pas les photos d’enfants pour attirer la sympathie. Vos propres filtres éthiques entrent en jeu ici — et c’est important de les connaître.

Si ça n’apporte pas, épargnez-vous la peine

Si ce que vous vous apprêtez à publier n’apporte pas ou peu à votre futur client, épargnez-vous cette peine. Perdre du temps, de l’énergie, et in fine de l’argent à publier quelque chose qui ne sert à rien — c’est exactement l’inverse de ce qu’on cherche.

Et il y a un effet qu’on n’anticipe pas assez : un contenu qui n’intéresse pas ne fait pas que ne rien apporter. Il fait perdre de la visibilité. Pas d’engagement, pas de vues — et l’algorithme vous pénalise. Donc vous n’allez pas gagner de visibilité. Vous en perdez.

Une coach en développement personnel qui partage chaque semaine une réflexion profonde sur ce que vivent ses futures clientes — la peur de ne pas être à sa place, le doigt mis sur quelque chose qu’elles n’arrivaient pas à nommer — crée quelque chose. Ses lectrices se reconnaissent. Elles reviennent. Elles finissent par prendre rendez-vous. Pas parce qu’elle a fait une promo. Parce que son contenu leur a parlé au bon endroit.

3. Suis-je à l’aise avec le fait que ça reste en ligne ?

Troisième filtre — et celui-là, on n’y pense vraiment pas assez. Tout ce qu’on publie sur Internet reste. Pas quelques semaines. Pas quelques années. Indéfiniment.

Le contenu web est accessible en tout temps

Il y a un outil que j’utilise pour mes clients : WayBack Machine. Cet outil ressort toutes les archives du Web — des screenshots d’un site il y a 6 mois, un an, 5 ans, 10 ans. Et on trouve aussi les publications des réseaux sociaux. Dans 20 ans, on va vous trouver à l’heure d’aujourd’hui. C’est une réalité qu’on n’a pas au fond de son esprit quand on publie. Mais elle est là.

Donc la question à se poser : est-ce que vous êtes OK avec ça ? Si 20 ans, c’est trop loin — mettez 2 ans, 5 ans, 10 ans. Raccourcissez le timing. Mais la réponse reste la même : ce sera toujours là.

Est-ce que ce sera toujours OK demain — et ça respecte vos limites ?

Est-ce que ce contenu sera encore pertinent demain ? Dans le jargon, on dit evergreen — toujours d’actualité. Est-ce qu’il va garder votre crédibilité ? Est-ce qu’il va continuer de vous servir vis-à-vis de votre image, de là où vous en êtes ?

Et est-ce que ça respecte vos limites ? Nos limites varient — elles ne sont pas les mêmes qu’il y a 5 ans, elles ne seront pas les mêmes dans 5 ans. Ce qui est OK aujourd’hui, est-ce que ce sera encore OK demain ?

Une petite aparté importante ici sur le droit à l’image. Si vous publiez des photos d’enfants — les vôtres ou ceux d’autres personnes — sachez que le droit à l’image est intrinsèque à chaque personne. Un enfant ne peut pas se défendre vis-à-vis de ses droits aujourd’hui. Mais à 18 ans, il peut vous demander de tout supprimer — et vous pourriez perdre complètement l’univers que vous avez construit autour de ça. C’est une notion de respect. Et c’est quelque chose à garder dans un coin de sa tête.

Une artisane qui publie en 2025 une vidéo dans laquelle elle partage un avis tranché sur un sujet qui évolue vite — une tendance, une polémique du moment — peut se retrouver en 2028 avec ce contenu qui tourne encore, et qui ne correspond plus du tout à ce qu’elle pense ou à ce qu’elle veut montrer. Ce qu’on publie nous représente longtemps. Autant que ça nous représente bien.

Partage seulement ce qui fait sens pour toi — et pour ton client

Ne partagez que ce qui fait sens. Pour vous. Et pour votre futur client. Où vous êtes à l’aise avec ça aujourd’hui et longtemps.

Ne vous forcez pas à publier quelque chose juste pour publier. Créez des contenus qui servent le client — que ce soit de l’expérimentation, de la réflexion, de la démonstration. Il faut que ça aide l’autre. Si ça ne sert à rien, vous perdez de la visibilité au lieu d’en gagner.

Et la dernière question — celle que j’aime poser à mes clientes et qui change tout : est-ce que ça vous allume ? Est-ce que c’est quelque chose que vous portez, que vous défendez ? Est-ce que vous kiffez le faire ? Pas dans le regard des autres. Dans le vôtre.

Parce qu’une communication dans laquelle vous n’êtes pas vraiment — ça se sent. Et ce qui se sent, ça ne convainc pas.

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🎁 Ton exercice Miss Comm' — pour celles qui vont jusqu'au bout

→ La réflexion d’abord

Prends ton prochain contenu prévu. Passe-le à travers les trois filtres : pourquoi j’ai envie de partager ça ? Est-ce que ça apporte vraiment quelque chose à mon futur client ? Et est-ce que je suis à l’aise avec le fait que ça reste en ligne longtemps ?

T’as du mal à répondre à l’une des trois ? C’est déjà une réponse en soi.

→ L’action maintenant

Crée ta propre liste de filtres — les tiens, ceux qui correspondent à vos valeurs et à votre éthique. Qu’est-ce qu’il est OK de partager ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ? Posez-les noir sur blanc. Et la prochaine fois que vous hésitez sur un contenu, consultez cette liste avant de publier.

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